A la faveur d'un bon emploi du temps me laissant le vendredi de libre (que je me suis risquée à demander sans
donner le motif ... laïcité oblige ... ),
je vais aller suivre des cours à l'Institut Supérieur de Liturgie à Paris, afin de préparer le "Certificat de
musique liturgique".
Je suis envoyée par le Diocèse (l'Evêque, le Comité des charges ecclésiales et le Service diocésain de pastorale
liturgique et sacramentelle avec qui je collabore e déjà en tant que membre - avec lettre de mission - de la commission "musique liturgique"). C’est le diocèse qui prends en charge les
frais.
Ci-dessous : des informations sur le cursus, les cours que je vais suivre cette année et ... mes motivations
...
Le Certificat de Musique Liturgique à l’Institut supérieur de liturgie (ISL)
Diplôme propre de l’Institut catholique de PARIS
Le Certificat de Musique Liturgique a été créé pour répondre à des besoins de formation dans le domaine de la musique liturgique. Le CML est une
formation « professionalisante » spécialisée dont l’objectif est la formation d’acteurs musicaux au service de la liturgie. Elle vise à permettre aux étudiants d’acquérir des outils de
discernement en matière de musique liturgique dans son rapport avec «l’assemblée célébrante».
Cette formation de niveau supérieur se déroule sur deux années correspondant à une scolarité à mi-temps (un jour par semaine) et conjugue théorie
et pratique. Elle est proposée à des candidats qui possèdent déjà des compétences techniques sur le plan musical :
- soit au niveau de la maîtrise d’un instrument (orgue ou autre)
- soit sur le plan du chant et/ou de la direction du chant choral.
* Chefs de chorales dans les paroisses ou les diocèses,
* Chefs de choeur de communautés religieuses ou monastiques,
* Musiciens (notamment organistes) préparant des examens
professionnels,
* Responsables diocésains de musique liturgique, etc.
Programme du Certificat de Musique Liturgique
Chaque année :
- au premier semestre, un séminaire intensif et pluridisciplinaire
qui se déroule le vendredi (9h30-12h30 et 14h-17h), sur 10 semaines (soit 60 heures, 16 crédits) et comprend :
1. Histoire de la musique ;
2. Place et théologie de la musique et du chant en liturgie ;
3. Réflexion sur les pratiques musicales en liturgie ;
4. Formation au discernement pastoral en matière de chant.
- et, au premier ou au second semestre, 56 heures (2 cours de 28h, 8 crédits) de cours choisis parmi les cours donnés à l’ISL,
Sur deux ans, le parcours correspond donc à 120h (2x 60h) de séminaires et 112h (2x56h) de cours soit 48 crédits et un mémoire correspondant à 12
crédits soit au total 60 crédits.
Il est possible d’aménager l’emploi du temps de telle manière que les cours ISL soient suivis :
- soit au cours du 1er semestre, ce qui limite alors les déplacements,
- soit au cours du 2e semestre pour étaler la charge de travail.
Programme 2007-2008 :
Séminaire « La musique dans la liturgie » (60h):
- Le musicien au service du culte divin, Introduction générale (6h).
- Histoire de la musique en liturgie, Xavier BISARO (12h).
- Chant grégorien et monodie, Daniel SAULNIER, Institut Pontifical de Musique Sacrée (Rome) et Abbaye de Solesmes (12h).
- Le chant d’assemblée dans la liturgie contemporaine, Pierre BARTHEZ, SNPLS (12h).
- Pratiques musicales en liturgie, Emmanuel BELLANGER, IAS-IML (12h).
- Séance de synthèse, Frère Patrick PRETOT, ISL (6h).
L’obtention du Certificat d’aptitude à des fonctions musicales dans la liturgie implique :
- la participation assidue aux enseignements
- la rédaction d’un mémoire de 30 pages + bibliographie
- une soutenance de mémoire.
LES COURS QUE JE VAIS SUIVRE CETTE ANNEE 2007 / 2008 :
La musique dans la liturgie Sem.1 (60 h)
Pierre BARTHEZ, Emmanuel BELLANGER,
Xavier BISARO, Daniel SAULNIER
et Patrick PRÉTOT
vendredi 9h30 -12h30 & 14h-17h
19, 26/10 ; 16, 23, 30/11 ; 7, 14, 21/12 ; 11, 18/01
Cet enseignement central du Certificat de Musique Liturgique (CML) est donné sous la forme d’un séminaire pluri-disciplinaire comportant des apports théoriques et pratiques. Il propose des outils de discernement en vue de donner aux acteurs musicaux exerçant dans la liturgie des repères appuyés sur la
Tradition de l’Eglise et la réflexion contemporaine en musique liturgique.
La liturgie : un lieu pour la foi Sem. 2 (28h)
Philippe BARRAS vendredi 9h-12h
8/02 (séance de 4h), 15/02 ; 14 et 28/03 ;
11 et 18/04 ; 16 et 30/05 ; 6/06
Ce séminaire explorera les divers aspects de la liturgie – intentions de l’Église, programmes rituels, mise en oeuvre, art de célébrer, etc. – pour en dégager les enjeux théologiques et pastoraux dans la perspective d’une proposition de la foi. Il s’appuiera sur des études monographiques et sur les acquis de la
science liturgique pour dégager une théologie des pratiques liturgiques et mettre à jour des critères
de discernement pastoral.
Laboratoire de pratiques sacramentelles Sem.1 (28h)
Katherine SHIRK-LUCAS vendredi 13h45 à 16h45
8 et 15/02 ; 14, et 28/03; 11 et 18/04 ; 16/05, 30/05 et 6 /06 (séances
de 13h45 à 17h15)
L’objectif de cet enseignement est double. D’une part, il s’agit d’entrer dans des méthodes d’analyse des pratiques en vue d’apporter des éléments susceptibles d’éclairer les questions soulevées. D’autre part, grâce à l’étude de différentes pratiques
sacramentelles présentées par les participant(e)s, on vise à faire le point sur les questions
théologiques et pastorales qui se posent en ce domaine dans l’Eglise catholique.
Ce qui me motive pour le CML:
Je crois que cette formation (que j'espère bien pouvoir suivre complètement ... ) m'apportera beaucoup et sera aussi pour moi une
bouée d'oxygène:
- comme vous le savez, j'aime la liturgie et j'aime réfléchir sur tout ce qui s'y rapporte, et en particulier (mais pas seulement) sur la musique liturgique (place de la musique dans la
liturgie, lien avec le rite ou les temps liturgiques, rôle et complémentarité des différents acteurs liturgiques, questions de répertoire, ... etc.)
- si mes engagements sur le terrain (à la cathédrale de Soissons et St Crépin, sur le doyenné pour les "messes des jeunes" ou sur le diocèse avec le SDPLS) sont évidemment essentiels, j'ai aussi
besoin de continuer à me former pour ne pas être tirée vers le bas ... D'ailleurs, la pratique et la réflexion théorique sont complémentaires, l'une s'appuyant sur l'autre, et
vice-versa ...
... d'autant plus que ce que je vais approfondir là sera, je crois, utile pour les différents lieux d'Eglise dans lesquels je suis engagée ... (c'est bien pour cela que c'est mon Diocèse qui
m'envoie !
Pour moi, c'est un peu la synthèse entre mes études musicales, le CYFFAL et mon expérience sur le terrain (20 ans déjà !).
- j'ai aussi besoin de rencontrer d'autres musiciens (compétents) qui s'intéressent (vraiment) à la liturgie. Je me sens parfois isolée (tant dans l'Eglise que dans le monde musical). Or, il y en
a quand-même d'autres, en France, qui font un peu comme moi ... C'est important de pouvoir se rencontrer, échanger, partager, réfléchir ensemble.
- et après tout, puisque j'ai cette "fibre" de musicienne liturgique (que j'assume pleinement ! ... même si c'est dur dans le monde d'aujourd'hui) ... autant la cultiver et jouer à fond cette
carte ! quand, j'ai entendu parler du CML au moment de son lancement (au colloque du CNPL à Francheville en avril 2005), je me suis dit: "ça, c'est fait pour moi" ...
Mes 3 grandes préoccupations:
- la musique dans la liturgie au service de la communion et de la rencontre avec le Christ (dimension horizontale et dimension verticale de la liturgie) ; cela se fait notamment grâce à un bon
choix du répertoire (chants comme pièces instrumentales), une mise en oeuvre de qualité (mais adaptée aux circonstances et aux moyens dont on dispose), une juste attitude des acteurs liturgiques
(organiste compris), une bonne concertation entre eux ... etc.
Bref: comment la musique est en connexion étroite avec l'action liturgique et devient lieu de proposition de la foi.
- la diversité des répertoires (de chants): c'est un sujet hyper-sensible, car il met en jeux les goûts, la culture, l'expérience spirituelle de chacun. Les critères du musicien n'étant pas
toujours les mêmes que ceux de la communauté, comment offrir à tous des éléments de véritable discernement pastoral, en dépassant le clivage "j'aime bien - je ne supporte pas" , et sans blesser
personne (car chacun doit se sentir à l'aise et pris en compte dans la communauté ...) ?
Et aussi, dans le même ordre d'idée: quelle musique liturgique pour célébrer avec les jeunes ? (sujet difficile, dont on ne peut faire l'économie et qui, mérite, là encore, que l'on dépasse
l'opposition un peu trop simpliste "orgue - guitare" ... par exemple).
- comment réconcilier durablement le monde des musiciens classiques - et organistes en particulier - blessés, découragés pour ne pas dire parfois révoltés (ce qui a pu aller jusqu'à la rupture
totale, ou pas très loin: cf. Imploration pour la croyance de Jean Langlais ... voir le commentaire que lui-même en fait ! ) par certains excès et abus (erreurs
d'interprétation ... quant à la notion de "participation", notamment ...) des années post-conciliaires dont il reste encore des traces aujourd'hui ...
ET l'Eglise ... ?
Et à ceux qui me disent
« avec tout ce que tu connais déjà, tu n’apprendras rien de nouveau »,
je réponds :
Je crois qu'on apprend toujours (je suis d'ailleurs loin de tout connaître sur l'histoire du chant liturgique ou la monodie grégorienne
!)
... et que ce que je vais apprendre là va plutôt me conforter dans certaines convictions en me donnant des outils pour ma réflexion
personnelle et pour transmettre à d'autres ...