Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Isabelle Fontaine, organiste

Un regard chrétien sur la Fête de la musique

3 Juillet 2008 , Rédigé par Isabelle Fontaine Publié dans #religion catholique

21 juin : Solstice d’été ... mais aussi … Fête de la musique.


Née en France en 1982, cette manifestation s’est étendue progressivement dans d’autres pays d’Europe et du monde. Des musiciens amateurs et professionnels, de tous âges et de tous milieux, dans différents styles et modes d’expression, se produisent dans nos villes de façon spontanée ou plus organisée. Cette grande fête populaire est un lieu d’échange, de rapprochement des individus et des cultures, dans un climat de convivialité, de fraternité et de gratuité.

Comme chrétiens, nous ne pouvons que nous en réjouir et cela peut être aussi l’occasion de redécouvrir le rôle de la musique dans nos célébrations.

Depuis les origines, l’homme a fait de la musique, un moyen privilégié d’expression lyrique et universelle qui va au-delà des mots. Bien souvent, elle accompagne des événements importants de la vie des peuples et des familles : prenons simplement l’exemple des hymnes nationaux ou du chant d’anniversaire … la musique est facteur d’unité et de communion et a une fonction rituelle.

Il en va de même dans la liturgie. La musique n’est pas là comme un élément décoratif, extérieur, un fond sonore ou un moyen de passer le temps … De nombreux psaumes (comme le 56 ou le 150) et textes bibliques invitent à la louange de Dieu par le chant et les instruments, une louange qui doit être en accord avec notre vie de tous les jours avec le Christ : c’est cela, chanter « le cantique nouveau ». En Eglise, nous nous unissons dans le chant par la diversité de nos voix et de nos charismes. Dans l’assemblée, nous sommes aussi appelés à dialoguer avec le prêtre, le chantre, la chorale, les instruments. La musique, vocale ou instrumentale, n’est pas là par hasard, elle est toujours en rapport avec un rite (par exemple l’Agneau de Dieu qui accompagne le geste de la fraction du pain), ou avec la Parole qu’elle vient ratifier, commenter ou prolonger … parfois de façon indicible et mystérieuse (par exemple quand l’organiste improvise après l’homélie). Le musicien d’église a donc une fonction d’ordre ministériel, une mission humble et exigeante : servir la rencontre avec le Christ ressuscité. Relisons par exemple les chapitres 112 à 121 de "Sacrosanctum concilium" ainsi que le superbe Rituel de bénédiction d’un orgue !

N’oublions pas enfin que, durant des siècles, l’Eglise a été aussi un lieu de formation, un creuset de création musicale et cet endroit unique où des personnes de toutes conditions sociales pouvaient entendre de la musique de qualité. Alors n’hésitons pas à rétablir des ponts entre l’Eglise et le monde des musiciens professionnels (comme l’a souhaité le Pape Jean-Paul II dans sa Lettre aux artistes), redécouvrons la valeur artistique et spirituelle du patrimoine de la « musique sacrée » (« sainteté », « art vrai », « universalité », trois critères soulignés par Jean-Paul II et Benoît XVI), … et n’hésitons pas à repérer les compétences, à appeler, à former les musiciens dont nos communautés paroissiales ont besoin !

(article écrit le 16 juin 2008 pour le journal du diocèse de Soissons, "La vie diocésaine", n° du 1er juillet 2008: la partie en itallique n'a pas été publiée, faute de place)

Partager cet article

Repost 0