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Isabelle Fontaine, organiste

Un cheminement spirituel avec St Benoît (1)

20 Septembre 2006 , Rédigé par Isabelle Fontaine Publié dans #isabelle.fontaine

Texte écrit en février 2006 (1ère partie)

 

Ce que je cherche :  

 

 

 

-         ce n’est pas « ma » vocation … je pense que cela, c’est clair depuis plus de 15 années maintenant … Elle est celle d’une musicienne, organiste et compositeur, au service d’une paroisse, d’un diocèse ou de communautés diverses … Mais elle s’élargit aux dimensions du monde, d’une part dans des activités de concertiste, d’autre part (et surtout) dans mon métier d’enseignante en collège qui m’ouvre à des réalités concrètes et profondément humaines. En outre,  la stabilité financière qui va avec me permet de vraiment me donner dans mes engagements ecclésiaux, pour le Seigneur et pour les autres. Dans tout ce que je fais, même si régulièrement des réajustements sont nécessaires, je suis plutôt à l’aise, heureuse et épanouie, et assez équilibrée je pense …

 

 

 

-         Ce n’est pas non plus un état de vie à proprement parler : mariage, célibat, vie religieuse … etc. J’y déjà maintes fois réfléchi à plusieurs étapes de ma vie – ou de la vie d’autre membres de ma famille, voire d’amis -, y compris dans une période toute récente. Je sais aussi que je suis un être sensible, qui aime les relations vraies, et qui cherche (naturellement ?) à donner et à recevoir – à des degrés divers, selon les types de relations – de l’amitié, de l’affection, de la tendresse. Mon être corporel n’est pas exempt d’émotions, de sensations, de désirs ... mais … tout dépend ce que l’on en fait …Je ne veux pas fermer les portes de mon esprit et de mon cœur, mais je sens bien la tendance qui se dessine, et c’est finalement ainsi que je vis depuis bientôt 10 ans : laïc célibataire, pleinement engagée dans une vie professionnelle, artistique et ecclésiale. Ma vie a sa propre fécondité, et je suis disponible pour donner beaucoup de mon temps dans des domaines où je suis utile, voire parfois indispensable (momentanément, c’est à espérer … sinon de nombreux risques existent, à commencer par l’orgueil …). On m’appelle … je peux dire oui presque tout de suite, dans la limite. de mes disponibilités, bien sûr. Et les services que je rends, aussi liés soient-ils à mes compétences musicales, n’en sont pas moins des lieux de vie réelle, d’échange, de rencontre, d’humanité. Autant de richesses insoupçonnables !

 

 

 

 

 

 

Cela n’empêche pas que je mesure aussi les « inconvénients » … lorsque se font  sentir le sentiment de solitude du dimanche midi (après m’être donnée à fond toute la matinée, à la fois physiquement, musicalement et spirituellement, au service du Seigneur et de la communauté, un repas partagé avec d’autres et un temps convivial me manquent terriblement … moi, je n’ai pas de famille à Soissons … et je n’ai pas vraiment d’amis très proches …), le besoin de se confier à quelqu’un en cas de problème ou de situation un peu délicate nécessitant un avis, mais aussi de partager une découverte, un enthousiasme, ou encore le besoin très concret d’une aide quelconque sur le plan matériel (pour ma maison, par exemple …). C’est vrai, je peste parfois contre le caractère très superficiel des relations humaines, un côté très individualiste, parfois même au sein de l’Eglise. Ce célibat, pleinement choisi, et totalement assumé (car ce n’est pas la « norme » …) peut être aussi parfois facteur d’isolement, parfois pesant. Mais, la plupart du temps, cet espace de silence est aussi un espace de liberté, un espace de disponibilité pour les autres, pour l’activité et la création artistiques, pour la méditation, pour la prière, pour Dieu tout simplement.

De toute façon, chaque vocation a sa beauté, ses aspects positifs et d’emblée évidents, et ses aspects apparemment plus négatifs ou difficiles à vivre parfois …

Non, je ne suis pas malheureuse, et je rends grâce au Seigneur pour tous les bienfaits et grâces reçus dans ma vie ! Magnificat

 

 

 

-         Ce que je cherche, ce n’est pas, non plus (et encore moins !) de certitudes concernant la foi, l’existence de Dieu, le choix de telle religion plutôt que telle autre, ou que sais-je … Je vis ma foi sans doute bien imparfaitement, mais je me retrouve totalement dans ce que dit l’Eglise catholique à laquelle j’appartiens, dans ses affirmations, ses recommandations, ses pratiques … Et en cela, la liturgie joue bien – pour  moi – son rôle de « source et sommet » (cf. Concile Vatican II). Ce n’est sans doute pas pour rien si c’est là, qu’au travers de mon engagement comme organiste, que se trouve le centre de ma vie ! La liturgie est ce lieu de l’expérience de la rencontre avec le Christ à travers la Parole et l’Eucharistie, pas pour soi tout seul, mais en communauté (dans laquelle chacun est néanmoins unique). Les rites de la  liturgie structurent l’être humain sans pour autant l’enfermer. L’espace sacré ouvre au mystère, à la transcendance, à élévation : il n’est pas déconnecté de la vie mais ouvre à une autre dimension, que l’on ne trouve pas dans le monde « profane », parce que Dieu est Tout Autre. La liturgie est aussi un dialogue permanent qui respecte le rythme tension / détente nécessaire à tout être humain. On y arrive avec tout son être et son vécu, et on en repart avec une force nouvelle. Mieux comprendre la liturgie – et la faire comprendre afin d’appliquer ce que nous demande l’Eglise- , le tout pour vivre pleinement le Dimanche comme « Dies Domini » est une préoccupation qui m’habite profondément. Pour moi, c’est le point culminant de ma semaine. Et, dans cet ensemble, la beauté est un élément déterminant, en particulier sur le plan musical. Le choix des chants, leur mise en œuvre vocale et instrumentale, la place du rôle de l’orgue … etc. sont autant de points à soigner. Et dans notre Eglise qui accueille des hommes de tous horizons et de tous milieux, tout le monde a droit à la beauté qui élève et qui favorise la rencontre vraie avec le Seigneur. Par conséquent, s’appliquer à faire du beau, donner le meilleur de soi-même, sans tomber dans l’activisme ou dans l’auto- satisfaction esthétique, accepter humblement les imperfections tout en cherchant à les dépasser, ne jamais perdre de vue le sens de ce que je fais, telle est l’exigence pour moi que je voudrais partager avec d’autres.

C’est aussi dans cet esprit que j’essaie de vive mes missions, et en particulier mon rôle d’organiste, comme un véritable ministère, comme un sacerdoce … même si ce que je fais n’a pas d’appellation officielle, instituée … Je voudrais rester humble tout en donnant le meilleur de moi-même et de ce que je sais faire, ad majorem Dei Gloriam.

 

 

 

-         Ce que je cherche aujourd’hui, c’est tout simplement un moyen de vive encore mieux ma vocation, de vivre de l’Evangile, de vivre en intimité avec Dieu – et que cela, donc, rejaillisse sur toute ma vie.

La présence de Dieu dans ma vie, je l’ai expérimentée, en particulier lorsque j’avais 15 ans et que ma chambre était un peu mon « jardin secret » (c’est l’année qui a suivi ma confirmation, c’est là aussi que j’ai pris conscience du lien entre ma foi et la musique, aspects intimement liés en moi)…

Je l’ai aussi ressentie de façon inattendue durant l’Octave de Pâques 2003 alors que je venais ma « poser » à l’abbaye Notre Dame de Jouarre, alors assez fatiguée physiquement et le cœur alors encombré par toutes sortes de sentiments liés aux difficultés de la vie soissonnaise …

Certains temps forts, ainsi que certaines liturgies – en particulier les Vêpres à Notre - Dame de Paris et les grandes célébrations de Lourdes (Messes internationales et Processions eucharistiques notamment) sont des moments privilégiés. Autant d’occasions qui regonflent et permettent de repartir. Sans compter toutes les choses plus simples de la vie quotidienne qui sont autant de manifestations de la présence de Dieu, au travers des autres et des événements.

Oui : reconnaître le visage du Christ dans l’autre, l’action de Dieu en toute chose (sans tomber toutefois dans la superstition ou des interprétations bien courtes, excessives ou systématiques), mais aussi être cette présence pour l’autre, et témoin discret, c’est une exigence pour le chrétien dans le monde d’aujourd’hui, où qu’il soit.

Je recherche cela à mon niveau.

Mais ce n’est pas toujours évident d’amblée, même si je n’ai jamais douté de Dieu, si je n’ai jamais été révoltée contre lui – car je sais bien que le mal ne vient pas de lui. Cela ne fait finalement pas si longtemps que j’ai compris et vraiment intégré au fond de moi que la foi, c’est avant tout la confiance, qu’il ne faut pas vouloir tout résoudre par ses propres forces humaines (même si notre collaboration active est nécessaire car Dieu n’agit pas à notre place !), et que s’abandonner entre les mains de Dieu (comme l’expliquait tout récemment sur croire.com Mère Marie David Giraud, abbesse de Jouarre – justement …), c’est tout simplement orienter tout son être vers Dieu, sans négliger pour autant les tâches quotidiennes : ça change tout ! Et je l’ai expérimenté récemment avant d’aborder des journées difficiles, chargées ou compliquées.

 

 

 

-         Ce que je cherche, c’est sans aucun doute, une spiritualité à laquelle me raccrocher afin de mieux rencontrer Dieu et de vivre selon ce qu’il attend de moi. Je sens au fond de mon cœur que Dieu m’aime, que je l’aime, et que j’ai envie de le suivre encore plus loin, même si je sais que c’est difficile. Je voudrais Lui offrir quelque chose de moi, et être davantage habitée par Lui. Je crois que je suis à un tournant de ma vie, et me sens prête à faire un pas de plus, à poser un acte – discret mais concret -, à sceller un engagement profond, solide et durable, qui ne soit pas en contradiction avec mes engagements actuels là où je trouve et là où j’ai des missions – clairement définies ou plus implicites. Tout cela bouillonne au fond de moi. Je le sens déjà depuis longtemps, mais de récents questionnements, ravivés en particulier par un séjour d’une semaine à Jouarre fin octobre, ont remué cela en moi.

 

 

 

 

Je veux unifier ma vie en Dieu, avec le Christ, et par l’Esprit Saint.

 

 

 

 

 

 

 

-         Ce que je cherche, c’est aussi un lieu où me poser parfois, pour faire le vide, me ressourcer, ne vivre que pour Dieu durant quelque jours … un lieu aussi où je puisse rencontrer d’autres chrétiens, échanger autrement … J’aime mon diocèse, j’aime la paroisse où je suis engagée … mais je ne trouve pas là tout ce dont j’ai besoin pour alimenter ma foi. Car pour donner, il faut aussi aller à la source.

La liturgie du dimanche, c’est bien, c’est primordial ; mais j’ai parfois besoin de quelque chose en plus, en prolongement, en approfondissement.

 

 

 

-         J’ai aussi besoin de sentir que mon expérience de foi, si elle est personnelle, se vit avec d’autres, et que des liens profonds – même s’ils sont un peu éloignés géographi-quement - peuvent se tisser et se vivre dans la prière.

 

 

 

-         Enfin, je sais que, comme dans d’autres domaines de ma vie (histoire de tempérament, sans doute), j’ai besoin de cadres, d’objectifs.

 

 

 

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