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Isabelle Fontaine, organiste

Un cheminement spirituel avec St Benoît (2)

20 Septembre 2006 , Rédigé par Isabelle Fontaine Publié dans #isabelle.fontaine

Texte écrit en février (2ème partie):

Un lieu déterminant : l’abbaye Notre-Dame de Jouarre :

 

 

 

 

            Je ne réécrirai pas ici ce que j’ai dit ou écrit par ailleurs.

            Simplement une petite synthèse :

 

 

 

-         Ce que je cherchais en venant à Jouarre la première fois :

 

 

 

 

·        un lieu pour me reposer, faire le point, prier

·        je ne savais pas au juste ce que je  cherchais vraiment, mais j’ai profité de l’opportunité d’un lieu pas trop de loin de Soissons et de chez mes parents

·        c’est l’invitation faite aux organistes de passage qui m’a donné envie d’aller là … sans connaître … Je partais vers l’inconnu et …

 

 

 

-         Ce que j’ai trouvé à Jouarre :

 

 

 

 

·        un lieu paisible et silencieux, tourné vers l’« aventure intérieure » : des bâtiments calmes, un jardin, une église, un oratoire, une bibliothèque …

·        une communauté encore assez nombreuse, avec quelques jeunes, une communauté rayonnante de bonté, de paix de joie, bref … de la présence du Christ ressuscité : les soeurs sont discrètes, mais souriantes et ouvertes.

·        un accueil simple, vrai, chaleureux, fraternel.

·        une spiritualité : celle de St Benoît (je ne connaissais pas du tout), avec une Règle qui semble ici appliquée avec équilibre, souplesse, douceur même !

·        la possibilité de jouer de l’orgue – pour moi-même (car il faut travailler pour faire fructifier les dons reçus ; et les périodes de vacances sont souvent propices pour monter de nouvelles pièces et préparer des concerts), et pour accompagner des offices (expérience autre … basée plus que jamais sur l’écoute mutuelle …).

·        Justement, une communauté priante et chantante, attachant de l’importance à la beauté, au travail de la voix, avec un répertoire sobre et original alliant tradition et modernité, avec chant grégorien et chant en français : ambiance pure et aérienne … mais pour se rendre compte, il faut y être.

·        Une communauté dans laquelle travail manuel et travail intellectuel ne s’opposent pas, où une certaine pauvreté n’exclue pas la beauté, la culture ...

·        D’une manière générale, une découverte du monde monastique, au-delà de tous clichés ou méconnaissances.

 

 

 

J’ai été vraiment touchée.

J’ai trouvé là un climat que je n’avais trouvé nulle part ailleurs.

Et les conditions ont été réunies pour une rencontre bouleversante, inattendue, et intime dans le secret : « Seigneur, tu es là, je t’aime ».

La fin de la Semaine Sainte à Soissons avait été perturbée par des incompréhensions bêtes liées à la fatigue des uns et des autres, et je n’étais pas parvenue à vivre Pâques dans une vraie joie … C’est durant l’Octave de Pâques que j’ai vécu une sorte de « mini résurrection » … Le dimanche suivant, j’étais à Soissons, aux grandes orgues : la joie de Pâques a vraiment éclaté.

 

 

 

Tout cela est difficile à expliquer, et, précisément, ne doit sans doute pas l’être …

 

 

 

N’empêche, cette expérience dont je n’avais parlé – par écrit (je suis une timide …) qu’à quelques personnes en qui j’ai une grande confiance, a été marquante.

Certes, la vie courante a repris le dessus … mais une force nouvelle m’habitait … et 2 œuvres musicales son nées dans la foulée : mon « Magnificat » composé pour Lourdes, et mon « Soli Deo Gloria ».

 

 

 

Durant 2 ans, je suis restée en lien avec Sœur Anne - Catherine, maîtresse de choeur à l’abbaye, et Mère Marie David, abbesse, grâce au courrier et … à Internet (et oui, elles sont modernes !). La qualité de ces liens, à la fois simples mais vrais et profonds, ont été pour moi un point d’appui à certains moments : savoir que des personnes prient pour vous et vous donnent une amitié totalement gratuite, cela fait du bien. Cela donne aussi envie de donner beaucoup en retour.

 

 

 

J’avais envie de revenir à Jouarre, mais il fallait attendre une occasion … Et puis, inconsciemment, j’avais comme une crainte …Peur de … me faire surprendre … ???

 

 

 

Et puis, curieusement, d’autres questionnements concernant des choix à faire ont été soudain comme éclairés par l’élection d’un nouveau Pape qui a choisi – justement -le nom de Benoît, et dont les allocutions très pédagogiques, au contenu exigeant mais clair, sont empreintes de douceur, de bonté, d’humilité et de profondeur, et nous ramènent à l’essentiel : le Christ qui « n’enlève rien et donne tout », par qui nous ne devons pas avoir peur de nous « laisser surprendre » …

 

 

 

J’étais en même temps comme en errance à la fin de l’été, assoiffée (comme dans le Psaume 62) … et une déception en début d’année scolaire 2005 / 2006 a précipité la nécessité de se raccrocher à quelque chose : « c’est décidé, je retourne à Jouarre ».

 

 

 

Ce ne fut pas comme en 2003 ; mais quelque chose commençait à se passer en moi …

Et beaucoup de choses se sont précipitées au travers de ce contact renouvelé.

 

 

 

 

 

 

-         Pourquoi j’y retourne désormais régulièrement :

 

 

 

 

·        Je me sens de plus en plus proche de cette communauté, de sa façon de prier et de penser. Et j’aime cet endroit, tout simplement.

·        C’est entrain de devenir un point d’ancrage très fort, un point d’appui aussi.

·        J’entre dans un autre rythme, une autre expérience de vie et de prière.

·        Chanter, prier, accompagner à l’orgue cette communauté me fait du bien : ça m’apaise et m’ouvre au désir de la rencontre avec le Seigneur.

·        Comme concrétisation du lien, il y a, par exemple, les accompagnements que j’écris pour Sœur Anne qui se met à l’orgue. Et de façon générale, quand je joue, je m’efforce de donne le meilleur de moi-même, pour le Seigneur, bien sûr, mais aussi comme signe de ma reconnaissance pour l’accueil reçu.

·        Sœur Anne Catherine prend toujours beaucoup de temps pour parler avec moi. Oui … je suis organiste, mais je ne viens pas là que pour la musique …

Mère abbesse, malgré son emploi du temps chargé, prend très au sérieux mes préoccupations actuelles, et sait trouver les mots justes qui aident à avancer. Quant à Sœur Anne Joseph, soeur hôtelière, elle est discrète mais semble très pragmatique !

Des liens profonds se tissent, et je suis contente de les revoir à chaque fois.

·        Il y a d’autres rencontres plus courtes avec d’autres sœurs, et tous ces petits échanges, brefs mais très riches, avec les autres hôtes … C’est souvent inattendu, et ça ouvre le cœur.

 

 

 

Finalement, je ne peux pas expliquer … là encore, ça ne s’explique pas … Je me sens attachée à ce lieu, attirée par cet endroit. Il y a peut-être un part d’affectif là-dedans : c’est probable mais il n y a pas, je crois, de mal à cela.

Je m’y sens un  peu chez-moi ! Mais je m’y sens totalement libre !

 

 

 

2 ou 3 jours à chaque période de vacances scolaires, c’est le rythme que je me suis fixée pour l’instant pour y retourner… Peut-être davantage en été … ??? … En tous les cas, cette décision prise par moi seule en toute liberté, cet objectif, m’apporte paix et joie, équilibre et stabilité même.

 

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