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Isabelle Fontaine, organiste

L'événement du 22 octobre à Soissons

8 Octobre 2006 , Rédigé par Isabelle Fontaine Publié dans #religion catholique

C'est un événement culturel, mais aussi paroissial. Je tiens en effet à ce que les chrétiens se sentent concernés.

Voici le message que j'ai adressé à l'EAP (Equipe d'animation paroissiale) de la Paroisse Saint-Sixte:

 

 

 

 

"On estimera hautement, dans l'Eglise latine, l'orgue à tuyaux comme l'instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable aux cérémonies de l'Eglise et élever puissamment les âmes vers Dieu et le ciel. Quand aux autres instruments, selon le jugement et le consentement de l'autorité territoriale compétente,... il est permis de les admettre dans le culte divin selon qu'ils sont ou peuvent devenir adaptés à un usage sacré, qu'ils s'accordent à la dignité du temple et qu'ils favorisent véritablement l'édification des fidèles (Constitution conciliaire sur la sainte liturgie, Paragraphe 120).

"La musique sacrée a, en effet, pour but premier, que Dieu soit glorifié, et les hommes sanctifiés". (Rituel de bénédiction d'un orgue n° 1057).

 

 

 

 

 

                        Chers amis,

                         Vous n’êtes pas sans savoir que le 22 octobre prochain, nous allons fêter les 50 ans des grandes orgues de la cathédrale, un instrument qui, malgré quelques vicissitudes d’entretien, demeure le témoin d’une époque et un des meilleurs représentants de l’esthétique dite « néo-classique » : en cela, nos orgues sont réputées et mondialement connues.

 

 

 

                        C’est une joie pour moi d’être organiste titulaire de la cathédrale depuis le 7 janvier 2001 (clôture du Grand Jubilé de l’an 2000), et ma reconnaissance envers l’abbé Xavier Givert, qui m’a appelée à Soissons et m’a fait confiance, demeure immense. C’est aussi avec joie que, depuis environ 3 ans, j’accompagne également la prière des paroissiens de l’église Saint Crépin.

                        Je m’efforce, en tant que musicienne professionnelle et croyante engagée, de servir la communauté paroissiale, en alliant les exigences de la musique et celles de la liturgie, et de vivre ma mission dans un esprit de collaboration fraternelle avec les prêtres et les diacres, et tous les chrétiens : animateurs de chant et membres de la chorale (que j’accompagne lors de ses répétitions et qu’il m’est aussi arrivé de diriger), membres des équipes liturgiques, catéchistes (dont je fus, ayant fait le KT pour « Commencements » durant 4 années) … les jeunes que j’essaie de mettre en route, et tant d’autres personnes que je ne pourrai citer ici, et que je rencontre plus ou moins régulièrement à divers titres …

 

                        C’est un peu dans cet esprit-là que je souhaiterais vivre l’événement du 22 octobre qui se veut à la fois paroissial et culturel. C’est lors de l’assemblée générale de l’association des Amis des orgues de Soissons, le 12 mars dernier, que le projet à été mis en route et que cette date à été retenue, sous l’impulsion de l’abbé Xavier Givert et des 2 organistes titulaires, Vincent Dubois et moi-même, qui étions tous présents à la réunion. Il y aura donc une messe et un concert.

 

                        Pour la messe de 11 heures, j’ai rassemblé une bonne quarantaine de choristes du Soissonnais, issus d’horizons divers : habitués de la chorale liturgique de la cathédrale, membres de La Musarelle, de La Campanella, ou choristes isolés.

Nous avons décidé de monter le Kyrie et le Sanctus accompagné du Benedictus extraits de la Messe solennelle en ut dièse mineur (pour 2 orgues et chœurs) de Louis VIERNE (1870-1937) : ce dernier fut organiste de Notre Dame de Paris de 1900 à sa mort. Ce fut le professeur du chanoine Doyen (1902-1988, organiste et maître de chapelle de notre cathédrale, qui s’est battu pour que les soissonnais retrouvent un grand orgue; il a, d’ailleurs, écrit un livre intitulé Mes leçons d’orgue avec Louis Vierne) ; il était également venu jouer l’ancien orgue de la cathédrale (qui a été détruit lors des bombardements de la Première guerre mondiale), et a composé un Carillon de Longpont, en référence à l’ancienne abbaye de ce village (Vierne avait des amis à Villers-Cotterêts).

Cette Messe solennelle fait partie du répertoire des plus grandes maîtrises et de chorales des cathédrales de France, et au-delà.

 

                        Pour l’occasion, les chœurs seront placés sous la direction de ma sœur Véronique qui est, entre autres, professeur agrégé d’Education musicale et chant choral (en poste à Tremblay en France), pianiste accompagnatrice (et, de ce fait, bien souvent assistante) du Chœur des Grandes écoles (à Paris).Elle est déjà venue à Soissons et a donné un coup de main pour l’animation. Elle participe également, depuis 2 ans, au pèlerinage diocésain à Lourdes, comme hospitalière et comme hautboïste (le hautbois étant son deuxième instrument). Nous répétons en ce moment tous les mardis soirs à la chapelle de la cathédrale (dotée depuis avril d’un nouvel orgue numérique), car cela demande un travail vocal assez exigent (il y aura eu 10 répétitions en tout !).

Vincent Dubois sera aux grandes orgues et moi à l’orgue de chœur.

 

                        Lors de la célébration eucharistique, donc, de façon exceptionnelle, les fidèles rassemblés ce matin-là, seront invités à écouter le Kyrie et le Sanctus. En revanche, les autres chants, permettront à la fois la polyphonie chorale et la « participation pleine, consciente et active »  (notion chère à Vatican II) de l’assemblée (les deux n’étant pas opposés, comme on l’a cru parfois !) ; j’ai d’ailleurs l’intention de faire aussi participer nos jeunes instrumentistes à vent de la paroisse.

 

 

                        L’après-midi, à 16 heures, je donnerai un récital aux grandes orgues.

 

Ce concert a pour vocation d’accueillir (je donne ici à ce verbe « accueillir » toute son importance…) un public plus large dans notre cathédrale et de mettre en valeur un grand nombre des possibilités sonores de notre grand orgue. Le programme comportera des œuvres de plusieurs époques de l’Histoire le la Musique, du XVIIème siècle à nos jours, et jouera sur la double dimension de l’orgue - cultuelle et culturelle (l'orgue liturgique et l'orgue de concert) – à laquelle je suis profondément attachée.

 

J’ai essayé de donner du sens au choix des œuvres interprétées :

______________________________

1ère partie

Pierre DU MAGE (1674-1751- organiste de la collégiale de Saint-Quentin)
Grand jeu

Nicolas de GRIGNY (1672-1703 - organiste de la cathédrale de Reims)
Hymne « Pange lingua »
- Pange lingua en taille à 4
- Fugue à 5
- Récit du chant de l’hymne précédent

J.S. BACH (1685-1750)
Fantaisie et fugue en sol mineur (BWV 542)

Maurice DURUFLE (1902-1986)
Fugue sur le Carillon des heures de la cathédrale de Soissons (opus 12)

- dédiée au Chanoine Doyen (commanditaire) et publié dans sa revue "Musique sacrée, l'organiste"

Isabelle FONTAINE (née en 1975)
« Dominus illuminatio mea » (CREATION)

oeuvre composé durant l'été 2006, librement inspirée du Psaume 56

dédiée à l'abbé Xavier Givert

(qui sera normalement présent au concert).

 

2ème partie

César FRANCK (1822-1890)
Fantaisie en la (extrait des 3 pièces de 1878)

Louis VIERNE (1870-1937)
Communion opus 8

Marcel DUPRE (1886-1971)
Final du poème symphonique « Evocation » (opus 42)

(C'est Marcel Dupré, organiste de St Sulpice à Paris et professeur au Conservatoire de Paris qui a inauguré l'orgue de la cathédrale de Soissons en 1956)

IMPROVISATION

______________________________

 

                        Une de mes préoccupations, parmi tant d’autres, est que les chrétiens n’oublient pas d’apprécier leur patrimoine musical, un trésor, qu’ils ne s’en désapproprient pas … et ne négligent pas de soutenir et d’encourager des prestations musicales de qualité, ainsi que des créations, au service de la foi… N’est-ce pas là une forme d’évangélisation ? …

Je voudrais même rappeler que durant des siècles, l’Eglise a été le seul endroit où l’on pouvait entendre de la musique de qualité … et ce, quelle que soit l’origine sociale des personnes : même les plus pauvres ont droit à la beauté ! Je crois même que cela a joué sur la fréquentation de nos églises …

… Et aussi … que les amateurs d’orgue, quelques soient leurs convictions (qui doivent, bien entendu, être respectées), n’oublient pas trop vite pas que la majeure partie du répertoire pour orgue est à destination liturgique ou d’inspiration spirituelle !

 

Même si, devant tant d’urgences pour notre monde, ce n’est peut-être pas une des priorités affichées dans notre diocèse et notre région, il y a là, je crois, un enjeu pastoral important … jadis souligné par le Pape Jean-Paul II dans sa Lettre aux artistes.

                        Pour tout cela, je souhaiterais vraiment que l’EAP et les chrétiens de Saint-Sixte se sentent concernés par l’événement.

L’organiste est souvent caché et isolé, son instrument ainsi que la diversité de sa tâche sont parfois méconnus … mais en « humble serviteur à la vigne du Seigneur », son jeu rythme notre vie liturgique !

                                   Merci de m’avoir lue !

Isabelle, votre organiste dévouée.

qui a, de temps en temps, besoin de  témoigner de ce qu’elle fait et de ce qui l’anime !

 

 

 

 

 

« La musique et le chant sont plus qu’un embellissement – même superflu – du culte ; en effet, ils font partie de la mise en œuvre de la liturgie, et même ils sont eux-mêmes liturgie ».

« Une musique sacrée solennelle avec chœur, orgue, orchestre et chant du peuple, n’est donc pas un ajout, qui encadre la liturgie ou la rend agréable, mais une façon importante de participer activement à l’événement cultuel ».

« En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, (l’orgue) renvoie au divin. La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le piano jusqu’au bouleversant fortissimo, en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu ».

« Le psaume 150 parle de trompette et de flûtes, de harpes et de cithares, de cymbales et de timbales : tous ces instruments musicaux sont appelés à apporter leur contribution à la louange du Dieu trinitaire ».
(Pape Benoît XVI, le 13 septembre 2006 – bénédiction du nouvel orgue de la vielle chapelle de Ratisbonne)

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