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Isabelle Fontaine, organiste

Retour sur le Concert spirituel de la Toussaint à Soissons (1) : texte des lectures spirituelles

7 Novembre 2011 , Rédigé par Isabelle Fontaine Publié dans #religion catholique

 

Don Vincent, curé de la cathédrale de Soissons, a lu d'une voix paisible ces extraits de catéchèses prononcées par le Bienheureux Pape Jean-Paul II lors d'audiences générales en 1999 :

 

L'humanité en marche vers le Père

Alors que nous réfléchissons sur la marche de l’humanité vers Dieu le Père, il y a lieu de méditer sur le terme de l’histoire humaine. Il est fondamental de se référer à l’Exode, qui conduit à l’entrée dans la Terre Promise et qui manifeste l’activité salvatrice de Dieu. Durant l’exil, les prophètes annoncent que Dieu rassemblera son peuple, transformera le cœur de tout homme et conclura une alliance nouvelle. Dans l’Apocalypse, Jean reprend cette perspective: “J’ai vu descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux” (Ap 21,2).

La résurrection du Christ, son ascension et l’annonce de son retour ouvrent de nouvelles perspectives eschatologiques: Jésus nous prendra avec Lui (cf. Jn 14, 2-3). Cependant la date nous est inconnue et il nous faut patienter dans l’attente du retour de Jésus, qui a dit à ses Apôtres: “Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine” (Ac1, 7). Remplis d’une espérance sereine, nous sommes appelés à nous engager dans le temps présent à la construction du Royaume qui, à la fin, sera remis par le Christ entre les mains du Père (cf. 1Co15, 24-28).

 

Le ciel comme plénitude de l'intimité avec Dieu

 

Chers Frères et Sœurs,

Ceux qui ont accueilli Dieu dans leur vie et qui se sont sincèrement ouverts à son amour, au moins au moment de la mort, pourront, au ciel, jouir de la pleine communion avec Lui, ce qui constitue le but de l’existence humaine.

Dans la Bible, le ciel est présenté, de façon métaphorique, comme l’habitation de Dieu d’où il voit et juge, et d’où il descend quand on l’invoque (cf. Ps 104, 2; 144, 5). Il est aussi une image de la vie en Dieu, à laquelle les croyants peuvent accéder par la grâce. La paternité de Dieu, riche en miséricorde, est reconnue par les créatures à travers l’amour du Fils crucifié et ressuscité, qui, comme Seigneur, siège dans le ciel à la droite du Père. La participation à la complète intimité avec le Père, après le parcours de notre vie terrestre, passe donc par l’insertion dans le mystère pascal du Christ, grâce à l’Esprit Saint. Nous savons ainsi que le ciel n’est pas une abstraction, ni un lieu physique, mais qu’il est une relation vivante et personnelle avec la Sainte Trinité.

Pendant que nous cheminons en ce monde nous sommes appelés à rechercher les réalités d’en haut (cf. Col 3, 1), pour que nous soyons avec le Christ quand, dans l’Esprit, il réconciliera tout avec le Père, “sur la terre et dans les cieux” (Col 1, 20).

 

L'enfer comme refus définitif de Dieu


Dieu est un Père infiniment bon et miséricordieux. Mais l'homme, appelé à lui répondre dans la liberté, peut malheureusement choisir de repousser définitivement son amour et son pardon, se soustrayant ainsi pour toujours à la communion joyeuse avec lui. C'est précisément cette situation tragique qui est soulignée par la doctrine chrétienne lorsqu'elle parle de damnation ou d'enfer. Il ne s'agit pas d'un châtiment de Dieu infligé de l'extérieur, mais du développement de prémices déjà posées par l'homme dans cette vie. La dimension même de malheur que cette sombre condition porte en elle peut être d'une certaine façon pressentie à la lumière de certaines de nos expériences terribles, qui font de la vie, comme on dit, un «enfer». 
Dans le sens théologique, toutefois, l'enfer est autre chose: il s'agit de la dernière conséquence du péché lui-même, qui se retourne contre celui qui l'a commis. C'est la situation dans laquelle se place celui qui repousse la miséricorde du Père, même au dernier moment de sa vie. 

La «damnation» ne doit donc pas être attribuée à l'initiative de Dieu, car dans son amour miséricordieux, il ne peut vouloir que le salut des êtres qu'il a créés. En réalité, c'est la créature qui se ferme à son amour. La «damnation» consiste précisément dans l'éloignement définitif de Dieu librement choisi par l'homme et confirmé à travers la mort qui scelle pour toujours ce choix. La sentence de Dieu ratifie cet état. 

La pensée de l'enfer  - et plus encore la mauvaise utilisation des images bibliques -, ne doit pas créer de psychose ni d'angoisse, mais représente un avertissement nécessaire et salutaire à la liberté, au sein de l'annonce selon laquelle Jésus le Ressuscité a vaincu Satan, nous donnant l'Esprit de Dieu, qui nous fait invoquer «Abba, Père» (Rm 8, 15; GA 4, 6).

 

 

Le Purgatoire : une purification nécessaire pour la rencontre avec Dieu


Chers Frères et Sœurs,
Pour ceux qui, au moment de la mort, se trouvent en condition d'ouverture à Dieu, mais d'une manière imparfaite, le chemin vers la plénitude requiert une purification complète, que la foi de l'Eglise présente à travers l'enseignement sur le "purgatoire".
C'est Jésus-Christ qui nous conduit à la communion parfaite et définitive avec Dieu. Il est l'intercesseur qui assume en lui les fonctions de grand prêtre qui prie pour nous (cf. 
He 7, 25) et de "victime offerte" pour les péchés de tous (cf. 1Jn 2,2). A la fin de notre vie il nous offrira sa miséricorde, mais celle-ci n'exclue pas le devoir de croître dans l'amour, pour que nous soyons saints et irréprochables devant le Père (cf. 1Th 3, 12-13). C'est pourquoi toute trace d'attachement au mal doit être éliminée, et toute difformité de l'âme doit être corrigée.
Le purgatoire, qui n'est pas un lieu, est donc une condition de vie où ceux qui sont dans un état de purification, participent déjà à l'amour du Christ qui les libère de leurs imperfections. Etant liés à ceux qui jouissent de la béatitude éternelle et à ceux qui vivent dans le siècle présent, ils expérimentent la solidarité ecclésiale qui opère dans la prière et dans la charité.

 

 

La vie chrétienne, pèlerinage vers la maison du Père


Chers Frères et Sœurs,

La vie du chrétien consistant dans le pèlerinage vers la maison du Père, le présent est le temps du “déjà et du pas encore”, temps de la croissance dans le Christ et du chemin vers l’accomplissement définitif de la Pâque éternelle.

A cet effet, le chrétien est appelé à participer au mystère pascal, comme chemin de croix et de résurrection. Chemin de croix, parce que notre existence est continuellement passée au crible purificateur qui porte au dépassement du vieux monde marqué par le péché. Chemin de résurrection, parce que, en ressuscitant le Christ, le Père a vaincu le péché, de sorte que, dans le croyant, le “jugement de la croix” devient triomphe de sa vérité et de son amour sur le mal.

La vie chrétienne exige donc de maintenir le regard sur les fins dernières, mais en même temps de s’engager dans les réalités “avant-dernières”. Il s’agit de purifier, et d’éléver à leur perfection, toute expression de l’humain et toute activité terrestre, pour que la lumière de l’éternité illumine la vie et l’histoire de l’homme sur la terre.

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