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religion catholique

Samedi 16 septembre 2006

Voici, sur deux forums, 2 débats actuels qui me tiennent particulièrement à coeur et sur lesquels je discute sur plusieurs forums cathos:

- sur la liturgie avec les jeunes:

http://www.inxl6.org/forums/read.php?f=8&i=6219&t=6219

http://www.lourdes-magazine.com/phpBB2/viewtopic.php?t=2073&start=0

- sur la polémique liée aux derniers propos du Pape Benoît XVI:

http://www.lourdes-magazine.com/phpBB2/viewtopic.php?t=2104

http://www.lourdes-magazine.com/phpBB2/viewtopic.php?p=20905#20905

http://forums.cef.fr/forum/read.php?f=5&i=40359&t=40359

 

Par Isabelle Fontaine
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Mercredi 20 septembre 2006

Cette idée date d'il y a deux ans environ, suite à mes nombreuses expériences d'animations de messes avec les jeunes. Pour certains, ce texte était très bon, pour d'autres c'était beaucoup trop strict, beaucoup trop rigide ... Je relance donc ici la réflexion (n'hésitez-pas à poster des commentaires - contructifs ! - et à proposer d'autres formulations !):

 

PETITE CHARTE DU JEUNE MUSICIEN D’EGLISE

-         Le Seigneur m’a donné des talents ; je les fais fructifier et les mets au service de Dieu et de l’Eglise.

 

-         Je ne viens pas là pour me faire plaisir (même s’il est important d’aimer ce que l’on fait), ni pour me mettre en valeur (ce n’est pas un concert), ni pour  « m’éclater » avec des copains (même si la dimension fraternelle et humaine est importante).

 

-         Ma présence et ma participation sont un témoignage pour tous les autres jeunes chrétiens et pour toute l’assemblée.

 

-         Donc pendant la célébration, je vais éviter de bavarder, « rigoler », faire mes commentaires à voix haute, m’agiter, chercher mes partitions … etc.

Je dois prier avec l’assemblée (dont je fais partie).

 

-         Les chants et les musiques ne sont normalement pas choisis au hasard, ni pour plaire à telle ou telle catégorie de personnes,

mais en fonction du Temps liturgique, de la Parole proclamée ce jour-là, du moment de la célébration et du rite qui va avec … etc.

Sachant cela, mais aussi en sentant ce qui est exprimé dans un chant (louange, supplication, méditation confiante … etc.), et en fonction du style musical, je vais adapter mon jeu, mon style d’accompagnement, mes nuances … etc.

 

-         Avec tous les autres acteurs de la liturgie (prêtre, diacre, enfants de choeur, chanteurs et animateurs, lecteurs … etc.), je suis là pour favoriser une Rencontre (de l’assemblée, qui est première) avec quelqu’un : ce « quelqu’un », c’est le Christ.

 

-         Je vais donc m’insérer dans une équipe. Je dois accepter de ne pas forcément tout jouer tout le temps (il y a complémentarité et dialogue).

Je sais écouter, regarder, me taire …

 

-         Je fais tout mon possible pour arriver à l’heure à la répétition, avoir mes partitions dans le bon ordre. J’ai aussi le désir de progresser musicalement.

Si c’est beau, digne et bien préparé, on favorisera la prière de tous.

 

-         Je vais essayer de dépasser mes goûts personnels, m’ouvrir à d’autres répertoires, et collaborer avec les adultes (même si ce n’est pas facile). Car l’Eglise est universelle, et dans notre diversité, nous formons tous le Corps du Christ.

 

-         Je gagnerai à participer à la préparation des célébrations et à approfondir mes connaissances liturgiques, car c’est aussi un moyen pour moi d’avancer dans la foi.

 

 

 

 

Par Isabelle Fontaine
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Mercredi 20 septembre 2006

Voici un topo que j'ai rédigé en mars 2003 en vue d'une formation d'organistes dans mon diocèse (ce topo n'a pas été lu ou distribué tel quel, mais il a été utilisé par une autre formatrice pour un atelier d'échange):

 

 

DE LA PLACE DE L’ ORGUE DANS LA LITURGIE EUCHARISTIQUE :

de la Présentation des dons à la Doxologie

 

 

 

 

-         quelques repères pratiques –

 

Préparation des dons :

 

En général, l’orgue va accompagner les 3 temps :

-         la procession des dons

-         la présentation des dons

-         le moment où le prêtre se lave les mains en signe de purification intérieure

Mais un chant d’offertoire peut aussi accompagner la procession des dons, chant qui sera alors préludé et prolongé par de l’orgue (ex : une improvisation sur le thème du chant).

 

Quoiqu’il en soit, il importe de bien distinguer, de différencier, lorsque cela est possible, les différentes  parties qui composent ce moment, qui, dans un premier temps, intervient comme une pause dans la célébration, après la liturgie de la parole.

 La musique de l’orgue peut y aider.

 

Voici un schéma « idéal » :

-         le prêtre s’assoit, on fait la quête, la procession se prépare : musique sereine, de tempo modéré, dans une nuance moyennement forte.

-         pendant la procession proprement dite : une musique qui accompagne le rythme de la marche, de façon solennelle, mais calme et pas trop forte, et surtout pas « pompeuse » : à ce moment-là, le musique joue un rôle rituel.

C’est à ce moment là, précisément, que se place le chant d’offertoire lorsqu’il y en a.

-         pendant la présentation des dons (que le prêtre reçoit) et le rite de purification qui suit, la musique doit se faire plus douce, plus calme et exprimer une certaine forme d’adoration ; on peut alors concevoir que, sur ce « coussin musical », les paroles « Tu es béni, Dieu de l’Univers… » puissent être prononcées à voix haute par le prêtre qui préside, entraînant la réponse de l’assemblée. L’orgue joue jusqu’à ce que le prêtre soit prêt à l’autel et ait préparé son missel pour la Prière eucharistique.

 

Bien sûr, ceci est la situation idéale, dans laquelle la collaboration entre le prêtre et l’organiste est bien « huilée » : on s’est mis d’accord avant, on a l’habitude de se regarder, de s’écouter.

Cela suppose en particulier que l’organiste puisse bien voir ce qui se passe à l’autel, ce qui n’est pas toujours le cas selon le lieu où l’instrument est placé.

Par ailleurs, l’organiste doit posséder un minimum de compétences en matière d’improvisation afin de s’adapter en temps réel à ce qui se passe, la durée des mouvements étant variable.

Cela n’empêche pas de jouer une pièce du répertoire (ex : un choral de Bach) durant la première partie.

 

Ceci étant, dans beaucoup de lieux, les 3 temps décrits ci-dessus ne sont pas forcément différenciés clairement : il est fréquent qu’il n’y ait pas de procession des dons, que le prêtre commence très vite la présentation des dons, qu’il s’impatiente si l’organiste ne s’arrête pas immédiatement, et que la quête se prolonge jusqu’au chant du Sanctus.

 

Il faut donc s’adapter…

 

La prière sur les offrandes :

 

Prononcée par le prêtre, elle se termine par « Lui qui règne pour les siècles des siècles », ce qui suscite le « Amen » de l’assemblée.

Cette partie peut être chantée, lorsque le prêtre se sent à l’aise dans la cantillation.

L’orgue peut alors accompagner le « Amen »: si cela est prévu, il sera bon de donner la note de départ avant ; si c’est imprévu, un organiste possédant une bonne oreille pourra « rattraper » la note…

Conseil : si on cherche sa note, ou si on la vérifie, le faire sur un jeu le plus doux possible ;

mais ne pas chercher obligatoirement à accompagner si on n’est pas sûr : il vaut mieux laisser l’assemblée répondre « a cappella »…

 

 

 

La Prière eucharistique :

 

 

 

 

 

-         La préface :

 

introduite par le dialogue entre le prêtre et l’assemblée (« Le Seigneur soit avec vous… ») qui peut être chanté (et accompagné selon les modalités décrites ci-dessus), elle peut être chantée (a cappella) par le Président lors des Fêtes et Solennités.

 

-         L’acclamation du « Sanctus » :

 

chantée entièrement par TOUTE l’assemblée, elle jaillit de la fin de la préface (avec une phrase du type « C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous proclamons ta gloire en chantant d’une seule voix »).

C’est pour cela qu’il est souhaitable que l’introduction de l’orgue soit la plus courte possible – 1 ou 2 accords seulement : cela est à voir avec l’animateur ou le chef de chorale, qui peut demander à entendre une phrase plus longue pour mieux savoir démarrer le chant…

L’idéal serait même que l’organiste donne les notes du Sanctus avant la fin de la préface ; cela est cependant difficile à réaliser dans la pratique…

L’accompagnement de cette acclamation sera, clair, joyeux, dynamique, assez fort (mais pas trop, pour ne pas couvrir le chant).

 

-         Les épiclèses :

 

si, lors d’occasions particulières, elles sont chantées, l’orgue les accompagnera de façon sobre.

 

-         Le récit de l’Institution et la Consécration :

 

lors de grands rassemblements, de messes solennelles, avec plusieurs prêtres, ce passage peut être chanté, selon la mélodie proposée dans le missel ; s’il s’en sent capable, l’organiste pourra, tout doucement, soutenir ce chant, apportant un éclairage particulier à ce moment central de la liturgie, et, sur le plan pratique, empêchant les concélébrants de… détonner.

 

-         L’anamnèse :

elle est, en principe, entonnée par le prêtre qui préside, et suscite l’affirmation de toute l’assemblée.

L’organiste donnera bien la note de départ, accompagnera ou non (selon les cas) l’intonation, et accompagnera clairement mais paisiblement le chant de tout l’assemblée.

 

-         L’offrande : partie parlée

 

-         Les intercessions : partie parlée

 

-         La Doxologie Finale : est souvent chantée, généralement selon 2 tons :

 

celui du Missel, pouvant susciter un « Amen » plus ou moins développé (il existe la vesrion de Jacques Berthier: "Amen, amen, gloire et louange à notre Dieu" ;

celui, plus solennel, en 3 parties, composé par Jean-Paul Lécot (AL 197).

Quoi qu’il en soit, l’assemblée ne chante que « Amen » ; le reste étant chanté par le(s) prêtre(s) – quand c’est parlé, c’est la même chose !

S’il a pu se mettre d’accord avec le président, l’organiste donnera bien la note avent ; sinon, il essaiera, s’il peut, de rattraper « au vol »….

En tous les cas, la partie « récitatif » sera accompagnée doucement,

Et la réponse de l’assemblée sera accompagnée de façon majestueuse et solennelle.

 

 

 

Remarque complémentaire :

 

Dans l’ « ancienne » liturgie – celle d’avant Vatican II -, on trouve le terme « Elévation » ;

De nombreuses pièces pour orgue, en particulier au XIXème siècle et dans la première moitié du XXème, portent ce titre, correspondant à une intervention de douce de l’orgue entre le Sanctus et le Benedictus (les 2 parties étant alors séparées).

 

Dans certaines grandes églises ou cathédrales, il reste des traces de cette pratique, encore actuellement, l’orgue jouant très doucement

-         soit entre le Sanctus et le récit de l’institution

-         soit après l’anamnèse, jusqu’à la Doxologie

-         soit durant ces deux périodes (ce qui semble excessif : il vaut mieux choisir… ?)

C’est une pratique qui disparaît peu à peu : les directives en la matière sont assez floues…

Il est sûr que l’orgue doit rester discret (ne surtout pas couvrir le texte parlé)

et doit aussi savoir se taire…

 

____________________________________________________________

 

En conclusion, durant cette partie de l’Eucharistie, comme dans tout autre célébration, le rôle de l’orgue (ou d’autres instruments) est important (sans être indispensable…).

 

Par les possibilités sonores multiples et variées de son instrument (les tuyaux de l’orgue ne sont-ils pas aussi le symbole du peuple rassemblé, de l’Unité dans la diversité ?),

 

le musicien, avec sa foi et son savoir-faire, soit, comme soliste, soit comme accompagnateur, saura apporter la « couleur » propre à chaque moment, créer le climat qui convient, tantôt festif et solennel, tantôt méditatif et discret :

 

le musicien d’Eglise est au service de plus Grand que lui… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Isabelle Fontaine
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Dimanche 8 octobre 2006

C'est un événement culturel, mais aussi paroissial. Je tiens en effet à ce que les chrétiens se sentent concernés.

Voici le message que j'ai adressé à l'EAP (Equipe d'animation paroissiale) de la Paroisse Saint-Sixte:

 

 

 

 

"On estimera hautement, dans l'Eglise latine, l'orgue à tuyaux comme l'instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable aux cérémonies de l'Eglise et élever puissamment les âmes vers Dieu et le ciel. Quand aux autres instruments, selon le jugement et le consentement de l'autorité territoriale compétente,... il est permis de les admettre dans le culte divin selon qu'ils sont ou peuvent devenir adaptés à un usage sacré, qu'ils s'accordent à la dignité du temple et qu'ils favorisent véritablement l'édification des fidèles (Constitution conciliaire sur la sainte liturgie, Paragraphe 120).

"La musique sacrée a, en effet, pour but premier, que Dieu soit glorifié, et les hommes sanctifiés". (Rituel de bénédiction d'un orgue n° 1057).

 

 

 

 

 

                        Chers amis,

                         Vous n’êtes pas sans savoir que le 22 octobre prochain, nous allons fêter les 50 ans des grandes orgues de la cathédrale, un instrument qui, malgré quelques vicissitudes d’entretien, demeure le témoin d’une époque et un des meilleurs représentants de l’esthétique dite « néo-classique » : en cela, nos orgues sont réputées et mondialement connues.

 

 

 

                        C’est une joie pour moi d’être organiste titulaire de la cathédrale depuis le 7 janvier 2001 (clôture du Grand Jubilé de l’an 2000), et ma reconnaissance envers l’abbé Xavier Givert, qui m’a appelée à Soissons et m’a fait confiance, demeure immense. C’est aussi avec joie que, depuis environ 3 ans, j’accompagne également la prière des paroissiens de l’église Saint Crépin.

                        Je m’efforce, en tant que musicienne professionnelle et croyante engagée, de servir la communauté paroissiale, en alliant les exigences de la musique et celles de la liturgie, et de vivre ma mission dans un esprit de collaboration fraternelle avec les prêtres et les diacres, et tous les chrétiens : animateurs de chant et membres de la chorale (que j’accompagne lors de ses répétitions et qu’il m’est aussi arrivé de diriger), membres des équipes liturgiques, catéchistes (dont je fus, ayant fait le KT pour « Commencements » durant 4 années) … les jeunes que j’essaie de mettre en route, et tant d’autres personnes que je ne pourrai citer ici, et que je rencontre plus ou moins régulièrement à divers titres …

 

                        C’est un peu dans cet esprit-là que je souhaiterais vivre l’événement du 22 octobre qui se veut à la fois paroissial et culturel. C’est lors de l’assemblée générale de l’association des Amis des orgues de Soissons, le 12 mars dernier, que le projet à été mis en route et que cette date à été retenue, sous l’impulsion de l’abbé Xavier Givert et des 2 organistes titulaires, Vincent Dubois et moi-même, qui étions tous présents à la réunion. Il y aura donc une messe et un concert.

 

                        Pour la messe de 11 heures, j’ai rassemblé une bonne quarantaine de choristes du Soissonnais, issus d’horizons divers : habitués de la chorale liturgique de la cathédrale, membres de La Musarelle, de La Campanella, ou choristes isolés.

Nous avons décidé de monter le Kyrie et le Sanctus accompagné du Benedictus extraits de la Messe solennelle en ut dièse mineur (pour 2 orgues et chœurs) de Louis VIERNE (1870-1937) : ce dernier fut organiste de Notre Dame de Paris de 1900 à sa mort. Ce fut le professeur du chanoine Doyen (1902-1988, organiste et maître de chapelle de notre cathédrale, qui s’est battu pour que les soissonnais retrouvent un grand orgue; il a, d’ailleurs, écrit un livre intitulé Mes leçons d’orgue avec Louis Vierne) ; il était également venu jouer l’ancien orgue de la cathédrale (qui a été détruit lors des bombardements de la Première guerre mondiale), et a composé un Carillon de Longpont, en référence à l’ancienne abbaye de ce village (Vierne avait des amis à Villers-Cotterêts).

Cette Messe solennelle fait partie du répertoire des plus grandes maîtrises et de chorales des cathédrales de France, et au-delà.

 

                        Pour l’occasion, les chœurs seront placés sous la direction de ma sœur Véronique qui est, entre autres, professeur agrégé d’Education musicale et chant choral (en poste à Tremblay en France), pianiste accompagnatrice (et, de ce fait, bien souvent assistante) du Chœur des Grandes écoles (à Paris).Elle est déjà venue à Soissons et a donné un coup de main pour l’animation. Elle participe également, depuis 2 ans, au pèlerinage diocésain à Lourdes, comme hospitalière et comme hautboïste (le hautbois étant son deuxième instrument). Nous répétons en ce moment tous les mardis soirs à la chapelle de la cathédrale (dotée depuis avril d’un nouvel orgue numérique), car cela demande un travail vocal assez exigent (il y aura eu 10 répétitions en tout !).

Vincent Dubois sera aux grandes orgues et moi à l’orgue de chœur.

 

                        Lors de la célébration eucharistique, donc, de façon exceptionnelle, les fidèles rassemblés ce matin-là, seront invités à écouter le Kyrie et le Sanctus. En revanche, les autres chants, permettront à la fois la polyphonie chorale et la « participation pleine, consciente et active »  (notion chère à Vatican II) de l’assemblée (les deux n’étant pas opposés, comme on l’a cru parfois !) ; j’ai d’ailleurs l’intention de faire aussi participer nos jeunes instrumentistes à vent de la paroisse.

 

 

                        L’après-midi, à 16 heures, je donnerai un récital aux grandes orgues.

 

Ce concert a pour vocation d’accueillir (je donne ici à ce verbe « accueillir » toute son importance…) un public plus large dans notre cathédrale et de mettre en valeur un grand nombre des possibilités sonores de notre grand orgue. Le programme comportera des œuvres de plusieurs époques de l’Histoire le la Musique, du XVIIème siècle à nos jours, et jouera sur la double dimension de l’orgue - cultuelle et culturelle (l'orgue liturgique et l'orgue de concert) – à laquelle je suis profondément attachée.

 

J’ai essayé de donner du sens au choix des œuvres interprétées :

______________________________

1ère partie

Pierre DU MAGE (1674-1751- organiste de la collégiale de Saint-Quentin)
Grand jeu

Nicolas de GRIGNY (1672-1703 - organiste de la cathédrale de Reims)
Hymne « Pange lingua »
- Pange lingua en taille à 4
- Fugue à 5
- Récit du chant de l’hymne précédent

J.S. BACH (1685-1750)
Fantaisie et fugue en sol mineur (BWV 542)

Maurice DURUFLE (1902-1986)
Fugue sur le Carillon des heures de la cathédrale de Soissons (opus 12)

- dédiée au Chanoine Doyen (commanditaire) et publié dans sa revue "Musique sacrée, l'organiste"

Isabelle FONTAINE (née en 1975)
« Dominus illuminatio mea » (CREATION)

oeuvre composé durant l'été 2006, librement inspirée du Psaume 56

dédiée à l'abbé Xavier Givert

(qui sera normalement présent au concert).

 

2ème partie

César FRANCK (1822-1890)
Fantaisie en la (extrait des 3 pièces de 1878)

Louis VIERNE (1870-1937)
Communion opus 8

Marcel DUPRE (1886-1971)
Final du poème symphonique « Evocation » (opus 42)

(C'est Marcel Dupré, organiste de St Sulpice à Paris et professeur au Conservatoire de Paris qui a inauguré l'orgue de la cathédrale de Soissons en 1956)

IMPROVISATION

______________________________

 

                        Une de mes préoccupations, parmi tant d’autres, est que les chrétiens n’oublient pas d’apprécier leur patrimoine musical, un trésor, qu’ils ne s’en désapproprient pas … et ne négligent pas de soutenir et d’encourager des prestations musicales de qualité, ainsi que des créations, au service de la foi… N’est-ce pas là une forme d’évangélisation ? …

Je voudrais même rappeler que durant des siècles, l’Eglise a été le seul endroit où l’on pouvait entendre de la musique de qualité … et ce, quelle que soit l’origine sociale des personnes : même les plus pauvres ont droit à la beauté ! Je crois même que cela a joué sur la fréquentation de nos églises …

… Et aussi … que les amateurs d’orgue, quelques soient leurs convictions (qui doivent, bien entendu, être respectées), n’oublient pas trop vite pas que la majeure partie du répertoire pour orgue est à destination liturgique ou d’inspiration spirituelle !

 

Même si, devant tant d’urgences pour notre monde, ce n’est peut-être pas une des priorités affichées dans notre diocèse et notre région, il y a là, je crois, un enjeu pastoral important … jadis souligné par le Pape Jean-Paul II dans sa Lettre aux artistes.

                        Pour tout cela, je souhaiterais vraiment que l’EAP et les chrétiens de Saint-Sixte se sentent concernés par l’événement.

L’organiste est souvent caché et isolé, son instrument ainsi que la diversité de sa tâche sont parfois méconnus … mais en « humble serviteur à la vigne du Seigneur », son jeu rythme notre vie liturgique !

                                   Merci de m’avoir lue !

Isabelle, votre organiste dévouée.

qui a, de temps en temps, besoin de  témoigner de ce qu’elle fait et de ce qui l’anime !

 

 

 

 

 

« La musique et le chant sont plus qu’un embellissement – même superflu – du culte ; en effet, ils font partie de la mise en œuvre de la liturgie, et même ils sont eux-mêmes liturgie ».

« Une musique sacrée solennelle avec chœur, orgue, orchestre et chant du peuple, n’est donc pas un ajout, qui encadre la liturgie ou la rend agréable, mais une façon importante de participer activement à l’événement cultuel ».

« En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, (l’orgue) renvoie au divin. La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le piano jusqu’au bouleversant fortissimo, en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu ».

« Le psaume 150 parle de trompette et de flûtes, de harpes et de cithares, de cymbales et de timbales : tous ces instruments musicaux sont appelés à apporter leur contribution à la louange du Dieu trinitaire ».
(Pape Benoît XVI, le 13 septembre 2006 – bénédiction du nouvel orgue de la vielle chapelle de Ratisbonne)

Par Isabelle Fontaine
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Vendredi 10 novembre 2006
1er novembre 2006:  "Ma réflexion de la semaine"
 
L'Institut supérieur de liturgie vient de fêter ses 50 ans.
Voici 2 interventions prononcées à cette occasion:
 
- Celle de Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris: http://www.inxl6.org/article3136.php
- Celle du Cardinal Arinze, préfet de la congrégation pour le culte divin: http://agoramag.free.fr/CalArinze261006.pdf
 
Ces deux textes me semblent pertinents et éclairants dans un contexte où l'on évoque une probable "réhabilitation" du Rite tridentin ... ce qui n'est pas sans poser question ...
 
 
Pour ma part, je serai très mesurée sur la question ...
 
- D'abord, il y a - comme d'habitude ..; - un "truc" qui m'énerve, c'est ce que disent les journalistes ... L'expression "messe en latin" est très réductrice puisque  la messe "de Paul VI" peut très bien être célébrée en latin ...
 
- Le latin et le chant grégorien n'ayant jamais été "interdits", au contraire !
Relire:
http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html
J'aimerais bien que l'on chante un peu de grégorien (Le Credo III, les Messes VIII, XI et XVII ... ) de temps en temps à la cathédrale, mais je sais qu'il y a des gens qui sont contre, dont des personnes de l'EAP ...
Il y a des gens qui sont contre pour des raisons idéologiques.
Or, justement, le chant grégorien n'est pas la propriété d'une certaine catégorie de chrétiens qui en auraient le monopole !!! ... Au contraire, c'est un trésor de l'Eglise.
 
- Sans doute avons-nous aussi à nous poser quelques questions sur la façon dont nous (en France) avons appliqué et interprété les réformes conciliaires ...
Alors qu'il y a tant de trésors dans la liturgie, à redécouvrir et à mettre en oeuvre ! Des rites à déployer dans toute leur splendeur, leur symbolique, leur vérité !
Et oui, c'est vrai: on ne peut pas faire n'importe quoi en liturgie ...
Des abus, des dérives, il y en a ... et il n'y a hélas pas besoin d'aller très loin pour s'en rendre compte...
 
... Ah ! ... Quand je pense que, parfois, je passe pour quelqu'un de rigide ... tout simplement parce que je fais quelques rappels ...
A propos, ce livre-là
(avec bon de commande à télécharger)
certes pensé pour les animateurs de jeunes, peut concerner tout le monde !
(si tous ceux qui s'occupent de liturgie étaient au fait de ce qui est dit là-dedans, ce serait bien !!!).
 
Je me dis qu'à la cathédrale de Soissons, on est quand-même bien lotis (même si on peut faire mieux) ... des messes comme celle du 22 octobre ou celle de ce matin (Jour de Toussaint) en sont le signe vivant ... Et je suis plus que jamais décidée à oeuvrer pour une liturgie digne, belle, priante et vivante. D'autant plus que l'Eglise cathédrale doit être en quelque sorte un modèle, un moteur ...
Pour ma part, mon propre cheminement spirituel découle de tout ce que j'ai reçu et vécu en liturgie, en particulier au travers de mon engagement d'organiste ...
J'aimerais d'ailleurs continuer à me former, et regrette de ne pouvoir aller suivre le Certificat de Musique liturgique à l'ISL ... :
Hélas, je ne peux avoir mon vendredi entier ... et "laïcité" oblige, je ne peux donner le vrai motif de ma demande ... 
 
- Mais pour en revenir au sujet qui me préoccupe, je suis assez partagée.
J'ai lu de nombreux livres du Cardinal Ratzinger devenu Pape Benoît XVI, dont j'aime beaucoup, je dois le dire, la clarté, la pédagogie, mais aussi la profondeur et l'humilité. Je me tiens au courant, grâce à Internet, de tout ce qu'il dit et écrit, et je déplore que ne soient retenus par le "grand public" que quelques points caricaturaux ... Tout ce qui est vraiment bien, profond, solide sur le plan théologique, et accessible, ça on n'en parle jamais et je trouve ça nul ...
Alors que, polémiquer sur un texte qui n'est pas encore sorti, ça ...
 
Personnellement, je comprends son souci, son souci d'accueillir, d'agir avant qu'il ne soit trop tard, et de rappeler un certain nombre de choses ... ... mais je prie pour lui car ce n'est pas facile.
 
- Je pense que son geste sera surtout "efficace" envers les "simples" fidèles qui fréquentent les groupes tradis ... et qui ne sentiront plus mis au banc de l'Eglise, ou rejetés, regardés avec méfiance, par les "conciliaires" (et je me mets volontiers dedans ...). Mais pour les responsables de ces groupes, notamment les plus extrémistes, les plus réfractaires à l'Esprit du Concile, je crains que cela ne change rien ...
Au contraire, ils ont déjà crié victoire et ont des tas d'arrière-pensées !
 
- Il semble en effet que la question de la liturgie n'est pas la vraie question, ce n'est qu'un prétexte ... brandi par certains depuis des années ... et hélas légitimé par certains abus qui, c'est vrai, ont eu lieu ici ou là - mais pas partout quand-même ! ...
Ce qui est en jeu, c'est la reconnaissance du Concile Vatican II dans son ensemble, avec notamment l'engagement dans le monde, la liberté religieuse, l'oecuménisme, le dialogue inter-religieux ... etc. Et, là dessus, on ne saurait transiger !
Or on sait très bien quels types de discours très fermés, rigides, voire extrémistes et souvent moralisateurs on entend chez ces gens là ...
(ceci dit, gardons-nous bien de mettre tout le monde dans le même panier ! ... ).
 
- Enfin plus que la question du rite lui-même (après tout, pourquoi pas ... j'ai lu "L'Esprit de la liturgie" du Cardinal Ratzinger, et je comprends assez bien sa théologie concernant l'orientation du prêtre par exemple ...),
ce qui pose problème, c'est que, dans le rite tridentin:
1) le calendrier liturgique n'est pas identique
2) il n'y a pas les mêmes lectures de la parole de Dieu ... Or, en la matière, le Concile, a été novateur, offrant aux fidèles un large choix de textes, grâce notamment au lectionnaire en 3 années (A,B et C): une richesse inestimable !
Oui, sur ces deux points là, l'unité de l'Eglise est en jeu, un risque d'éclatement peut réellement d'exister ...
 
En même temps, je me dis que cela ne concernerait qu'un petit groupe de personnes ...
Ce qui craignent un "retour en arrière" sont peut-être un peu excessifs ...
 
Je partage donc la prudence de la plupart des évêques de France, y compris de Mgr Robert Le Gall, Archevêque de Toulouse et Président de la commission épiscopale de liturgie, qui en bon Bénédictin, adopte des positions sages et mesurées.
A Lourdes, où se tient dans quelques jours l'assemblée plénière des Evêques de France, ils vont en parler, forcément, même si bien d'autres dossiers sont à l'ordre du jour ...
 
 
Alors, prions pour eux, et prions pour le pape Benoît XVI ...
au lieu de "taper" dessus !
... Il est peut-être maladroit parfois, mais il a tant d'autres qualités, je crois !
Ne l'oublions pas: il ne voulait pas être Pape mais souhaitait terminer sa vie dans sa Bavière natale, probablement dans un monastère bénédictin, pour écrire et poursuivre sa réflexion théologique. Aussi, il a demandé qu'on le soutienne dans la prière car il se sent faible et fragile, sa charge est épuisante et il va sur ses 80 ans ce qui est un âge vénérable...
Alors, prions !
 
 
4 novembre 2006: un discours rassurant du Cardinal Ricard.
 
 
Mais les débats continuent entre chrétiens, et cela m'inquiète:
 
 
10 novembre 2006: les Evêques à Lourdes.
 
L'assemblée plénière des Evêques de France à Lourdes vient de s'achever.
Et je crois que l'on peut vraiment se réjouir de ce qui a été dit.
 
Pour ceux qui ne le sauraient pas (désolée si vous savez déjà) tous les textes, déclarations, décisions, votes ... etc.
sont disponibles sur un site Internet spécial:
On peut retrouver ce qui a été dit chaque jour à l'aide d'un petit calendrier situé à droite de l'ecran.
 
Personnellement, je me suis intéressée à cela au jour le jour, et j'ai trouvé cela passionant et éclairant.
Je crois même qu'il est indispensable, pour nous chrétiens, de nous informer à la source, plutôt que de se fier à certains médias et à leurs interprétations un peu hâtives - le débat sur le rite tridentin est en cela emblématique; voir:
et
 
De ce fait, le discours de clôture du Cardinal Ricard me paraît très clair, équilibré, réaliste en beaucoup de points, très rassurant sur d'autres ; c'est en tous cas ainsi que je le reçois:
 
En tant que croyante et que laïque engagée dans l'Eglise, cette Eglise que j'aime, que je veux servir de mon mieux (là où je me trouve avec les attributions qui sont les miennes) et dans laquelle je me reconnais pleinement, je ne peux que me sentir concernée par tout cela, même si certains sujets me touchent plus ou moins.
 
Par ailleurs, j'ai pu voir, en differé, sur le site Internet du "Jour du Seigneur", la très belle messe de dimanche dernier à la Basilique du Rosaire ...
 
...J'ai également apprécié le message que tous les évêques de la CEF ont écrit à Mgr Ricard.
Là encore, cela recadre les choses, en donnant à un certain dossier sa juste importance ...
 
Mais, pour en revenir à ce sujet précis - qui, je dois le dire, m'intéresse particulièrement, même si, dans le diocèse de Soissons nous n'y sommes pas confrontés directement -, j'aimerais justement ajouter quelque chose...
J'ai lu très attentivement le paragraphe du dicours de clôture du cardinal Ricard, et je crois que tous les mots ont leur importance;
je suis pour ma part rassurée de l'entendre dire qu'il remercie tous ceux qui oeuvrent pour la qualité de la liturgie, et aussi qu'il ne faudrait pas faire dire au Concile des choses qu'il n'a pas dites ...
 
Ce débat là ne doit pas occulter une remise en question profonde de que nous faisons lors de nos liturgies "conciliaires".
La liturgie n'est pas l'unique activité de l'Eglise, mais elle est la source et le sommet de la vie chrétienne: ce n'est pas moi qui le dit, c'est Vatican II, et pour moi, c'est une évidence ...
Donc, nos liturgies doivent être nourissantes (pour TOUS ! - sans discrimination sociale): en premier lieu la Parole de Dieu et l'Eucharistie, mais aussi la beauté de rites et de gestes à la fois sobres, déployés et signifiants, la qualité des chants et de l'animation (participation et bonne volonté ne doivent pas signifier médiocrité ... ), des homélies profondes et porteuses ...
Le temps où l'on opposait action catholique et vie paroissiale, engagement dans le monde et liturgie .. etc. est révolu: les deux ont leur importance ...
Etre proche des gens ne veut pas dire leur offrir une liturgie "à deux balles" ... le sens du beau, du sacré, du mystère, doit subsister.
A force de simplifier, tout perd son véritable sens ...
Je dois avouer que j'aimerais bien que nos évêques prennent officiellement position là-dessus.
Car, on peut toujours craindre le risque d'une "liturgie à la carte" si la messe de St Pie V est libéralisée - comme on dit - ; mais ce risque-là existe AUSSI dans la liturgie "de Paul VI", et ça, parfois, on ne veut pas le voir !
Certains prêtres sont conscients de tout cela, mais d'autres non (et non des moindres parfois) ...:
 
Oui, on peut fort bien imaginer que des gens aient écrit à Rome, encore récemment, pour dire:
- "à ... on remplace systématiquement le psaume par un chant, surtout avec les enfants et les jeunes"
- "à ... on ne chante jamais le "Gloire à Dieu" liturgique, mais une paraphrase, de même pour le Sanctus ou l'anamnèse"
- "à ... le prêtre modifie les paroles de la prière eucharistique à sa guise et y ajoute des tas d'explications en plus"
- "à ... l'homélie ne se base pas sur la Parole de Dieu mais a des résonnances idéologiques ou politiques"
- "à ... le prêtre est très brutal avec les objets du culte et n'a pas le sens du sacré"
- "à ... on chante un chant sur la paix à la place de l' "Agneau de Dieu" "
- "pour les mariages ou enterrements, tel prêtre ou diacre accepte que l'on remplace la Parole de Dieu par un texte profane, ou acepte que l'on écoute / chante des chansons profanes ..."
MAIS
- "à ... on s'est fait eng....... par des paroissiens parce qu'on a chanté la Credo III le matin de Pâques ..."
- "à ... on ne veut surtout pas de chorale ..."
- "à ... on n'a pas voulu d'orgue pour tel rassemblement ..."
 
Bref, j'arrête là ...
Pour moi, c'est un peu le "monde à l'envers".
Le problème c'est que, ça, ça existe bel et bien ...
Oui, il faut être réaliste !
De réelles résistances existent, DANS le clergé-même ...
 
Alors, ne nous étonnons pas trop vite si Rome se montre sévère et critique vis à vis de l'Eglise de France.
Même si les orientations officielles prises depuis une bonne quinzaine d'années au niveau de la Commision épiscopale de liturgie et du CNPL - devenu SNPLS - sont extrèmement encourageantes, leur application sur le terrain laisse à désirer, en certains lieux ...
Et l'action d'une CDPLS (Commission diocésaine de pastorale liturgique et sacramentelle) reste très limitée ...
Comment dire aux gens de bonne volonté que ce qu'ils font, ça ne va pas, alors qu'on ne leur a rien dit durant 30 ans ? ... Beaucoup de gens de bonne volonté refusent de se former, de se remettre en cause ...
Et puis, c'est une réelle difficulté pastorale ...
 
Rassurez-vous: je n'ai jamais écrit au Vatican, ou à Mgr Robert Le Gall !
J'ai seulement provoqué de temps en temps à mon Evêque ...
(mais je le connais suffisamment pour pouvoir me le permettre), mais jamais sous la forme d'une quelquonque délation, ce qui serait très malsain et peu charitable.
 
Tout ça pour dire que ce n'est pas si simple ...
Il n'y a pas les "gentils" d'un côté et les "méchants" de l'autre !
 
... Pour moi qui suis née en 1975 seulement, certaines considérations me dépassent, d'autant plus que je suis naturellement quelqu'un qui recherche les positions équilibrées, mesurées (ce pourquoi, je crois, la spiritualité bénédictine me convient si bien !).
 
Quant j'étais enfant à Bordeaux, j'ai fréquenté simultanément 3 types de liturgie (jusqu'à l'âge de 13 ans, puisqu'ensuite, ma famille a déménagé pour la région parisienne):
- à la cathédrale de Bordeaux: des messes avec 2 orgues et choeurs, polyphonie et chant grégorien, mais très froides avec des "sermons" interminables des chanoines, et peu de participation de l'assemblée.
- dans mon école catho (St Joseph de Tivoli, à Bordeaux) et au MEJ, des messes "à la guitare" mais où j'ai joué de la flûte à bec puis du clavier
- dans les paroisses où mon papa jouait de l'orgue, en particulier l'église St Ferdinand de Bordeaux (où nous avons notamment connu le Père Dagens, alors vicaire dans cette église, avant qu'il ne devienne Evêque): paroisse dynamique et accueillante, chants en français d'assez bonne qualité avec chorale pour les fêtes (il y avait même la "chorale des enfants" dont je faisais partie). Il y avait aussi la cathédrale de Bayonne pendant les vacances.
... Puis, il y a eu Lourdes et Notre Dame de Paris, deux modèles de réussite liturgique et musicale post-conciliaire, sans rupture !
Puis aussi les paroisses du Diocèse de Saint-Denis-en-France où j'ai été, très jeune, organiste.
Et enfin, le diocèse de Soissons où j'entame ma onzième année (déjà !) ...
Mon "diocèse d'adoption" comme je dis souvent ...
Et même si je suis parfois critique sur tel ou tel point, j'aime ce Diocèse, je m'y sens attachée et je m'efforce de le servir de mon mieux, dans mes domaines de compétence et en fonction des appels qui me sont adressés.
... J'ajoute à tout cela: mon parcours musical, mon cheminement spirituel (qui découle tout droit de mon expérience liturgique),ma formation au CYFFAL, les rencontres que j'ai faites, mes lectures ...
Bien-sûr: mon expérience de terrain en paroisse ou en équipe diocésaine.
J'oubliais: plus récemment, les bénédictines de Jouarre: autre expérience liturgique, autre expérience spirituelle ...
 
Tout cela additionné a contribué à forger mon engagement et mes convictions.
Et, c'est vrai, je me sens parfois seule à y réfléchir ...
 
 
P.S. Je viens d'acheter un petit livre reprenant toutes les homélies prononcées par le Pape Benoît XVI durant la Semaine Sainte 2006 - je les avais vues sur Internet (je reçois tous les jours le bulletin de l'agence ZENIT) mais, étant moi aussi très occupée (...), j'avais, je dois l'avouer, "zappé" ... ("Il n'est pas ici, il est réssuscité" - éd. du Cerf, , ça coûte 5 euros).
J'ai commencé hier soir, avec son homélie des Rameaux, mettant en évidence le triple message de la Croix - pauvreté, paix, universalité . c'est clair, limpide, profond ... J'ai lu ça après avoir éteint l'ordinateur à 21h15 (c'est tôt !) , avant de chanter Complies (N.B. en français évidemment, dans "Prière du temps présent", avec les musiques du bouquin marron de Kinnor, mais avec, en fin, le Salve Regina - grégorien, donc en latin, cette fois !) et, enfin, de me coucher.
Cela apaise, unifie, fait du bien ...
N'empêche ... quand je suis avec des chrétiens à Soissons, j'ai peur d'être regardée de travers en disant, par exemple que j'aime bien le chant grégorien ou que j'aime bien ... le Pape actuel ! ...
Oui, recentrons-nous sur l'essentiel: le CHRIST.
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P.S je me réjouis de la façon de le journal "La croix" a traité le sujet dans son édition de ce vendredi 10 novembre.
 
 
Par Isabelle Fontaine
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